mardi 8 septembre 2015

Et si la lecture nous permettait d’être ?


Enfant, je garde le souvenir de cette grande bibliothèque en noyer, héritée par mes parents. Droite, au fond du salon, à côté de la grande plante verte et du canapé. À l’intérieur se côtoyaient dans ses rayons, toutes sortes d’ouvrages. On pouvait y découvrir Hector MALOT et son ouvrage « Sans famille » dans la collection HETZELE, datant de 1917. Ce bel ouvrage, petit trésor familial, se trouvait à proximité du rayon des « Arlequin », dont ma mère raffolait, ou des « Delly » que j’ai lu avec plaisir au début de l’adolescence. Sur l’étagère au-dessus se trouvaient toutes les « bibliothèques rose et verte », que nous aimions avec ma sœur.
Ce gigantesque meuble a une grande valeur sentimentale, car il représente mon lien avec ma maman, disparue aujourd’hui et pour laquelle j’ai une pensée.
Désormais, ce beau meuble se trouve près de mon bureau. Et en écrivant ces lignes, je le regarde. Les rayons ont conservé leur fouillis et d’autres étagères ont été ajoutées.
Cette proposition de biblio-thérapie me permet de voyager dans mon passé de lectrice, car se posent à moi les questions suivantes :
Est-ce la lecture qui m’a fait évoluer ? Ou est-ce les épopées de ma vie qui ont orienté mes lectures ?
Là, à l’instant même, j’ai envie de répondre les deux.
Adolescente, dans ma quête d’identité je me suis évadée dans les histoires décrivant des univers sociaux comme « Julie, confession d’une droguée de 15 ans », ou bien « L’enfant » de Jules VALLÈS et encore « La case de l’Oncle Tom » d’Harriet Beecher-Stowe.
Adulte, après avoir décidé de mon orientation professionnelle comme éducatrice – étonnant non ? – Je me suis attachée à la lecture d’ouvrages professionnels dont en autres Françoise DOLTO avec son “complexe du homard”. Jacques Salomé et son « Courage d’être soi » ou Paulo Coelho avec son « Alchimiste » ont su m’aider à surmonter les épreuves que la vie peut infliger.
Mon parcours universitaire en sociologie m’a permis d’acquérir une compréhension de notre monde. Robert Castel, Serge Paugam, Axel honneth, Richard Senneth Henri Mendras, Stephane Hessel etc. Tous m’ont apporté les connaissances nécessaires pour analyser les évènements et les contextes sociaux. Malgré leur richesse, tous ces livres ont été cantonnés à être de simples outils de travail.
Et certainement par peur de ne pas être à la hauteur, je ne me suis pas autorisée à rester cette enfant qui aimait les aventures du « club des cinq », ou bien « les malheurs de Sophie » de la comtesse de Ségur.
Alors, dorénavant, s’ouvre devant moi une nouvelle aventure. Je me retrouve comme cette enfant qui découvre des mondes imaginaires, qui se laisse emporté par l’étoile filante dans l’espoir que son vœu soit exaucé.
Erik ORSENNA, dans son ouvrage « La grammaire est une chanson douce » m’a aidé à voyager dans le monde magique des mots à travers l’histoire de cette petite Jeanne.
Antoine Page, pour sa part, dans « Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne » m’a rappelé la beauté des rencontres impromptues, l’ouverture de soi aux autres.
Désormais, en cette fin de mois d’août, je suis prête pour la découverte de cette diversité littéraire. Certainement que je serai frustrée par le sentiment de ne pas avoir assez de temps à consacrer à la lecture.  La différence avec le passé est qu’aujourd’hui je suis consciente que ce n’est qu’un sentiment.
Alors je m’autorise à faire ce petit entrechat, en imaginant que demain ma créativité, ma liberté d’expression et ma spontanéité infantile vont m’envelopper à nouveau et me permettre de continuer ce chemin de la vie.
J’aime les livres ! J’aime l’écriture ! J’aime transmettre !

Isabelle THEROND, relecture faite par Nicole L

 

lundi 10 août 2015

UN ÉTRANGE TOUR DU MONDE !

Ce 6 juillet, je suis partie en voyage. Destination le Portugal. Dans l’avion, une fois installée dans mon siège, je me laisse bercer par les différentes cultures linguistiques des passagers et sereine, je finis par m’endormir.  
D’un coup, croyant être arrivée à Porto, je me réveille en Haïti, assise dans un tap-tap qui circule sur une route cabossée.
À côté de moi, un chafouin, muet, m’observe de son regard perçant. Ses yeux, bleu océan, me transpercent l’âme au point que je m’enfonce dans mon siège, intimidée. Que m’arrive-t-il ?
D’un coup, j’entends près de moi une petite voix, avec un accent suisse, très chaleureuse, qui m’invite à prendre un ristrette. Je me redresse et découvre, planté devant moi, droit comme un pic, un petit homme vigousse, le sourire aux lèvres, avec un air fada, qui me tend une tasse. Je la saisis et l’approche de ma bouche. Une odeur enivrante m’enveloppe et m’entraine dans un état d’apaisement au point d’en oublier mon voisin.
À l’extérieur, il fait nuit et j’entends dracher. Une poudrerie accompagne ce déluge et vient percuter la vitre du véhicule. J’ai l’impression d’être transposée au Canada. Au loin, par la fenêtre de notre véhicule,  je devine dans l’obscurité une lumerotte.
Mon voisin, qui s’est présenté comme un champagné du Congo, demande au chauffeur de faire une halte devant un dépanneur du Quebec.
Quelques minutes plus tard, notre étrange passager revient, les bras chargés de victuailles qu’il nous offre. Portée par la chaleur humaine qui se dégage de tous les occupants du tap-tap, je m’endors, rassasiée et apaisée.
« Mesdames et Messieurs ! Nous vous prions d’attacher vos ceintures ! Nous allons atterrir, merci », crie le pilote dans son micro.
Je me réveille, surprise ! Je regarde par mon hublot et j’aperçois Porto. Nous atterrissons et tout le monde applaudit.
Quel voyage surprenant !
Isabelle THEROND

MAIS QUI EST-CE ?

Trois jeunes femmes assises en terrasse,
Sur la place centrale du  quartier,
Observent les passants.
D’un coup, leurs regards s’arrêtent
Sur un jeune homme.
Deux d’entre elles s’exclament :
  • Oh ! Regarde ! Comme il est beau !
  • Comme il est élégant !
  • Il doit être fortuné !
  • Il doit être une personnalité importante !
La troisième réplique :
  • Attention ! l’habit ne fait pas le moine !
Mais qui est-ce ?
Il est vêtu d’un costume noir
Tiré à quatre épingles.
Ses chaussures sont cirées
Comme un sou neuf.
Il porte un nœud papillon.
Une chemise blanche-écarlate,
Sa tête est couverte
D’un chapeau de forme.
Mais qui est-ce ?
C’est un homme d’affaires ?
C’est un banquier ?
C’est un homme politique ?
C’est un huissier ?
Non ! C’est juste une personne
Sans travail
Sans logement
Sans argent
Qui cherche à être vue autrement
Qu’un miséreux.

Isabelle THEROND

mercredi 22 juillet 2015

Une forme de mobilisation? À vos crayons!

Voici qu’en janvier 2015, nos valeurs et nos droits ont été attaqués. Nous sommes nombreux à être descendus dans la rue pour exprimer notre refus de la peur du terrorisme et défendre nos attachements aux principes d’égalités et de liberté. Cette mobilisation a été soutenue dans le monde entier, par de nombreux mouvements collectifs.
Depuis cette date d’autres actes terroristes ont eu lieu un peu partout sur la planète, obligeant des populations entières à se soumettre à des lois tyranniques, à fuir pour leur survie ou à rentrer en résistance.

En plus de cette réalité, on peut constater que depuis de nombreuses années nous sommes soumis à une autre forme de terrorisme, celle des riches impitoyables qui n’ont pas de scrupule à continuer à s’enrichir sur le dos d’une majorité de personnes.
La Grèce est un exemple parmi des milliers.
À notre échelle nationale, la France, la situation des exploitants agricoles n’est qu’un bout de l’iceberg. Qu’il y ait des riches dans le monde, ceci ne me dérange pas, mais qu’ils deviennent de plus en plus riches sur la détresse et la misère d’une population, ceci m’insupporte.

Le point commun de ces deux situations est la destruction d’un modèle sociale défendant la liberté, l’égalité et la fraternité des peuples.

Alors aujourd’hui, j’ai envie de crier mon indignation contre tout ce qu’il se passe autour de nous que ce soit le terrorisme ou l’écrasement des pauvres par les riches. Car ces deux phénomènes ont la même ambition « devenir les maitres du monde » et je pense qu’ils s’alimentent respectivement.
Consciente que mon indignation apportera peu de choses, mais je me suis tout de même dit, que si chacun d’entre nous prenait sa plume et écrivait des mots ou des dessins de soutien autant pour les combattants et les victimes du terrorisme, mais aussi pour toutes ces victimes du modèle économique qui gère le monde, nous pourrions lutter contre ces idéologies.
Car comme Pierre RABHI a pu écrire, nous sommes tous des colibris :

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Je fais l’hypothèse que ces fanatiques comptent beaucoup sur notre inertie sociale. Les terroristes ont peur des mots, les riches incrédules ont peur des forces collectives. Donc, montrons notre volonté de voir les choses changer. Je vous invite tous à me suivre en affichant sur vos sites, vos profils Facebook quelques mots comme :

Non à la terreur ! Non à l’esclavagisme ! Oui à la liberté ! Oui à l’interculturalité ! Oui à la solidarité ! Oui à l’égalité entre citoyens de la terre ! Oui à la liberté de vivre dignement !

                                                                                    Isabelle , une citoyenne du monde

dimanche 28 juin 2015

Changements profonds



Le paysage commence à se napper de son bel habit d'hiver. Les chênes soyeux, forces de la nature, ont perdu leurs feuilles et leurs cupules écailleuses et épineuses. Sous ce parterre de couleurs : jaune, marron, vert, un de ces petits glands s’enveloppe dans les feuilles de ces immenses chênes.
Ce paysage, d’arbres dénudés sous fond de ciel gris cendré, évoque le repos, que la blancheur de la neige viendra fixer pour un laps de temps.
C’est ce paysage que ce nouveau-né, une fois sorti de la chair de sa mère, découvre par la fenêtre de sa chambre d’hôpital. Enveloppé par les bras nourriciers et le regard émerveillé de ses parents, petit homme découvre la chaleur et l’amour.

Innocence et émerveillement sont les aliments naturels de leur développement.
Petit gland par la chaleur de la terre, des feuilles et de l’épais tapis neigeux, commence sa métamorphose naturelle.
Petit homme grâce à l’amour et à la protection de ses parents commence son développement personnel.

Tous deux insouciants des dangers qui les entourent rêvent d’être grands.
Et pourtant Petit Gland découvre la peur lorsqu’il entend ce gros sanglier retourner le sol près de lui, affamé par la rudesse de l’hiver.
Petit homme, aussi découvre la brutalité de son environnement : les pleurs, les cris, les bruits qui l’entourent et qu’il ne comprend pas.

Le temps passe, Petit Gland devient ce jeune arbre couvert d’une écorce lisse et claire. Il découvre d’autres dangers comme ces chevreuils qui lui mangent ses jeunes feuilles que le printemps lui a données.
Petit homme devient ce jeune homme, plein de rêves, mais confronté à toute la violence qui l’entoure et les doutes qui l’envahissent.

Et puis est arrivé un événement, une catastrophe. Sans pouvoir agir, Petit Gland est spectateur de la décapitation de tous ces merveilleux et gigantesques chênes. Il ne reste autour de lui que les jeunes plants qui pleurent silencieusement.
Pour sa part, Petit homme est confronté à la perte de ses parents. La mort est arrivée, les a emmenés, laissant seul Petit homme avec ses larmes.
Petit gland et Petit homme sont tous les deux envahis par le vide. Cette disparition de leurs proches est vécue comme la perte du plus beau bijou du monde. Joyau qui ne scintillera plus jamais à leur côté.  
Envahis par la tristesse, la culpabilité de ne pas avoir pu sauver leurs protecteurs, tous deux recherchent le sens de la vie et leur identité. Pourquoi vivre ? Qui sommes-nous ?

Et puis grandissant, Petit Gland reconnaît qu’il est utile à beaucoup d’animaux de ce monde : écureuils, chevreuils, ours, pigeons bisets etc.
Petit homme, pour sa part, découvre sa passion pour la nature, et s’engage pour sa protection.
Tous deux se métamorphosent en deux êtres majestueux, droits, audacieux, courageux. Refusant la concurrence, ils deviennent des protecteurs portés par l’amour et la solidarité.

Et c’est lors de cet été orageux que Grand Homme et Grand Chêne se rencontrent.
Sous les éclairs et le tonnerre, tous deux partagent un instant de complète communion.



Isabelle THEROND

Réponse à Tom Pouce d’Émilie T

« Bonjour Tom Pouce,
Je suis Laida,
Comme laideur.
Je suis petite, ronde et je porte de grosses lunettes.
J’ai même un gros bouton sur le menton.
J’ai rencontré Baba Gaya, très en colère.
Elle m’a expliqué que tu n’avais pas accepté sa tricherie,
Alors que tu en as fait autant !
Alors je voulais savoir :
Veux-tu me rencontrer malgré ma laideur ?
Ou cours-tu après la beauté idéale ?
Tu t’es juré de ne jamais plus «renier ta petite personne, aussi bien virtuelle que réelle»
Mais serais-tu prêt à accueillir dans ta vie quelqu’un de différent ?
Une personne sur qui tout le monde se retourne en ricanant?
Je rêve d’amour, de sincérité, d’authenticité.
Serais-tu prêt à donner cela ?
Je suis laide, mais je suis prête à donner mon cœur à celui qui accepte de m’accueillir dans le sien.
Peux-tu être cette personne ?
Si tu ne veux pas, même essayer
Ce n’est pas grave
J’ai l’habitude !
Mais sache que si, je suis laide de l’extérieur,
Ma différence m’a appris à être tolérante,
Donc belle de l’intérieur
Et de ne pas m’arrêter à une norme sociale.
Si tu le souhaites,
Tu peux me répondre à
Laida@net.amour

Isabelle THEROND