jeudi 11 février 2016

LA FORÊT LUMINEUSE

Je quitte ce pays où le froid s’installe et enveloppe l’ensemble de la nature.
Une nature qui se transforme de lumière bleutée.
La femme que je suis rêve d’autres horizons.
Je prends ce train à l’aube de ce jour glacial pour une destination nouvelle, une destination printanière.
Aux crissements des roues sur les rails, je me laisse emporter par mes rêveries.
Je me surprends au sommet de ces montagnes, assise en compagnie de ce peuple nomade.
Enveloppée d’une couverture arc-en-ciel, j’admire l’horizon aux couleurs automnales.
Le lever du soleil, avec ses couleurs, jaune, rouge, orange, me réchauffe lentement, m’emporte encore plus loin,
au cœur d’une forêt.
Une  forêt lumineuse où s’entremêlent les couleurs d’été.
Ces arbustes jaunes, entourés de roches brunes reflètent dans cette cascade d’eau qui s’apaise au pied de la falaise.
Forêt lumineuse.
Chaleur des couleurs.
Plénitude de l’eau qui coule.
Voilà ma destination atteinte.



Isabelle THEROND

Cher accordéon

 C’est vrai, tu es imposant.
Mais dès que tu te déplies, tu entraînes les danseurs,
sur toutes ces danses populaires :
Valse, tango, boléro, cha cha cha.
Que de rythmes qui se partagent au son de ton souffle !
Aujourd’hui, je te découvre.
Non comme musicienne, mais comme danseuse.
Tu m’emportes dans tes mélodies jusqu’au bout de la nuit.
Désormais, tu es entré dans ma demeure.
Posé sur les genoux de ma petite,
sous la pression de ses doigts,
en harmonie avec ses bras,
tu envahis mon logis,
avec tes sons encore timides,
mais qui s’imposent au fil du temps.
Devenu l’instrument de mes mouvements,
tu deviens l’objet de mes plaisirs.
Sois le bienvenu parmi nous,
Accordéon.


Isabelle THEROND

Vieux mais vivant


Je suis vieux et la mort s’approche à grands pas. Les années ont abîmé mon corps. Je suis vouté, ce qui me rend insignifiant au regard des autres. Je leur fais peur, voire je les dégoûte avec mon corps sans muscle, la peau qui se relâche, les jambes squelettiques, les doigts déformés par cette maudite arthrose. Les douleurs qui me crispent à chaque changement de temps, à chaque mouvement. Je suis le temps qui passe, je fais horreur, je suis méprisé.
Je n’ai plus de voix qui porte, je deviens muet, voire sourd. Je m’isole, je m’abandonne à cette déchéance, dans la solitude, dans l’oubli.
Je suis vieillesse, décrépitude, souffrance, je suis le crépuscule de la vie. On me dit de lâcher prise, de me laisser emporter par la faucheuse. Mais je ne veux pas, je suis là, je suis en vie. Je veux de l’amour, de l’attention, je suis et resterai humain jusqu’au dernier souffle.


Textes d’Isabelle THEROND, février 2016

vendredi 15 janvier 2016

LE TRAIN DE L’ESPOIR

Voici un an que nous nous battons tous les trois.
Un an que nous traversons toute sorte d’émotions.

Voilà un an que nous passons de l’espoir au désespoir.
Un an que nous voulons qu’illusion.

Aujourd’hui, la fatigue est là.
Fatigue qui nous envahit tous les trois.

Toi tu es fatiguée de cette maladie.
Cette maladie qui t’assassine.

Nous, nous sommes fatigués de notre impuissance.
Impuissance qui nous isole.

Sentiment de solitude qui nous oppresse.
Sentiment d’impuissance qui nous fragilise.

Qu’adviendra-t-il de cette mésaventure ?
Un autre horizon ? Un autre rêve ?

Alors, prenons ensemble le train de l’espoir.


Isabelle THEROND


jeudi 7 janvier 2016

JUSTE DE PASSAGE

Oeuvre de MIRO

Du fin fond de l’univers
Aux prémisses de l’imagination
Illuminé par la lumière
Apparaît ce vagabond.

Entre les espaces inconnus
Entre les trous noirs
Cet enfant farfelu
Apparaît illusoire.

Hallucination dans les yeux
Vision d’un nouveau champ
Tache bleue devenue planète bleue
Profondeur oranger devenue safran

Cet aventurier éphémère se faufile
Entre les étoiles, danse
Entre les trous, scintille
Cet enfant laisse derrière lui sa réminiscence


Isabelle THEROND

UN NOUVEAU MONDE

 Oeuvre de MIRO

Sur ce parterre jaune, cette jeune Mélissa
Aperçoit en ce bleu azur une flaque d’eau.
De ce firmament  surgit  une étoile.
Une étoile filante qui dans son mouvement,
Diapre cette épée plantée dans ce caillou. 
Dans ce tohu-bohu apparait soudain une vague.
Une vague qui dans son agitation
Empoigne cet haltère.
Haltère qui voltige au plaisir des lames d’eau.
Lames d’eau qui évitent le drapeau du golfeur.
Golfeur qui se voit déposséder de son club.
Club de golf accaparé par l’étoile.
Étoile filante qui frappe cet horizon.
Horizon devenu Nouveau Monde.
Monde qui mue sur couleur safran.

Isabelle THEROND
Texte réalisé avec Mélissa 8 ans.