vendredi 15 janvier 2016

LE TRAIN DE L’ESPOIR

Voici un an que nous nous battons tous les trois.
Un an que nous traversons toute sorte d’émotions.

Voilà un an que nous passons de l’espoir au désespoir.
Un an que nous voulons qu’illusion.

Aujourd’hui, la fatigue est là.
Fatigue qui nous envahit tous les trois.

Toi tu es fatiguée de cette maladie.
Cette maladie qui t’assassine.

Nous, nous sommes fatigués de notre impuissance.
Impuissance qui nous isole.

Sentiment de solitude qui nous oppresse.
Sentiment d’impuissance qui nous fragilise.

Qu’adviendra-t-il de cette mésaventure ?
Un autre horizon ? Un autre rêve ?

Alors, prenons ensemble le train de l’espoir.


Isabelle THEROND


jeudi 7 janvier 2016

JUSTE DE PASSAGE

Oeuvre de MIRO

Du fin fond de l’univers
Aux prémisses de l’imagination
Illuminé par la lumière
Apparaît ce vagabond.

Entre les espaces inconnus
Entre les trous noirs
Cet enfant farfelu
Apparaît illusoire.

Hallucination dans les yeux
Vision d’un nouveau champ
Tache bleue devenue planète bleue
Profondeur oranger devenue safran

Cet aventurier éphémère se faufile
Entre les étoiles, danse
Entre les trous, scintille
Cet enfant laisse derrière lui sa réminiscence


Isabelle THEROND

UN NOUVEAU MONDE

 Oeuvre de MIRO

Sur ce parterre jaune, cette jeune Mélissa
Aperçoit en ce bleu azur une flaque d’eau.
De ce firmament  surgit  une étoile.
Une étoile filante qui dans son mouvement,
Diapre cette épée plantée dans ce caillou. 
Dans ce tohu-bohu apparait soudain une vague.
Une vague qui dans son agitation
Empoigne cet haltère.
Haltère qui voltige au plaisir des lames d’eau.
Lames d’eau qui évitent le drapeau du golfeur.
Golfeur qui se voit déposséder de son club.
Club de golf accaparé par l’étoile.
Étoile filante qui frappe cet horizon.
Horizon devenu Nouveau Monde.
Monde qui mue sur couleur safran.

Isabelle THEROND
Texte réalisé avec Mélissa 8 ans.

samedi 5 décembre 2015

MA CHÉRIE

 Ma chérie.
Nos cœurs serrés,
Les larmes dans les yeux,
L’impuissance nous oppresse.

Ma chérie,
Nous avons mal.
De te voir souffrir.
De te voir douter,
De te voir dans la peur.

Ensemble,
Main dans la main.
Nous t’emmenons dans le ciel.
Flirter avec les étoiles.
Caresser la lune.

Ensemble,
Sur cette Voie lactée
Nous avançons,
Nous reculons,
Nous luttons.

Demain,
L’espoir dans les yeux,
Nous, nous retournerons.
Nous voyagerons,
Main dans la main

Demain
Ensemble
Nous t’emmènerons
Sur le chemin
De ton destin.

Ma chérie
Nous t’aimons.
Ensemble, nous gagnerons.
Nos cœurs légers,
Les yeux émerveillés.


Isabelle THEROND




samedi 28 novembre 2015

ENTRÉE EN RÉSISTANCE

 Paris, Tunis, Bamako et bien d’autres.
La terreur s’est abattue.
Des corps meurtris de part et d’autre.

L’innocence est volée.
Les larmes coulent sur les visages.
L’insouciance est brisée.

Mais renait l’espoir.
Le jeu de cartes n’est pas jeté
Face aux actes attentatoires.

Chacun d’entre nous,
Faisons un entrechat.
Notre liberté est un bijou.

Une bougie dans la main,
Notre force est notre culture.
La tolérance gagnera demain.

Livre, musique, amusement
Sont nos armes.
Résistance par le boucan.

La peur ne nous écrasera pas.
À la lumière des bougies,
Force, elle deviendra.

Isabelle THEROND

samedi 21 novembre 2015

Tisseuse d’avant, tisseuse d’aujourd’hui

Me voilà au côté de cette ouvrière. Dame d’âge mûr, au visage marqué par le temps.
Visage rond, rempli de patience, mais d’exigences. 
Une exigence pour un travail bien fait.
À travers ses doigts, meurtris par ses gestes répétitifs, ces fils multicolores circulent au rythme de la machine.
Cadencée par des clics, des clacs, des taps, et des swings, cette main file, passe, bloque, coupe.
Ce fil s’entremêle, se transforme et donne cette belle Levantine.
Devant cette mutation, les bruits de l’atelier se font discrets.
Admirative devant la grâce de cette ouvrière, j’apprécie et j’envie sa sérénité, sa dextérité, sa créativité.
De ses mains rugueuses, difformes, nait une œuvre qui réchauffe tout mon être.
J’imagine cette étoffe qui ensoleille la chevelure folle d’une fillette.
Ou encore éclaire la beauté de cette métisse des îles chaudes du pacifique.

Pragmatique et consciencieuse, cette ouvrière me ramène à la réalité.
Soucieuse de mon apprentissage, elle m’incite à m’essayer.
Je doute face à son savoir, face à l’immensité de la tâche.
Son invitation à produire ces gestes me paralyse.
Consciente de ma peur, elle me rassure avec ses mots pleins de sagesses.
Soulagée, de ma main fébrile, je saisis les fils.
Mais là, tout va vite, la panique m’envahit.
Mais cette main du savoir vient à ma rescousse et m’accompagne.
Devant moi, ma création prend forme avec toutes ses imperfections.
Ravies sans être satisfaite je découvre mes capacités.
D’un coup retentit la sonnerie de fin de journée. Les machines s’arrêtent, s’en suit le brouhaha des ouvrières, pour laisser place au silence de l’atelier.

J’imagine, derrière ces portes closes, le murmure d’une mélodie qui clôture le travail des passementières.

Isabelle THEROND